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La FNSEA réagit fermement face aux annonces de la Cour des comptes en faveur d’une réduction du cheptel français pour faire baisser l’empreinte carbone de la France

Les éleveurs ressentent comme une “vraie blessure” la recommandation de la Cour des comptes de “définir une stratégie de réduction” du cheptel bovin pour diminuer l’empreinte carbone de la France, a déclaré mardi à l’AFP le président du syndicat agricole FNSEA.

“On est particulièrement agacés du procès qui est fait à l’élevage français”, affirme Arnaud Rousseau.

Lundi, alors que la Première ministre Elisabeth Borne présentait les réductions d’émissions de gaz à effet de serre à atteindre dans tous les secteurs d’ici à 2030, la Cour de comptes a recommandé dans un rapport de “définir et rendre publique une stratégie de réduction” du cheptel bovin pour respecter les engagements climatiques de la France.

“Lire que votre activité doit cesser ou largement diminuer, c’est très compliqué pour des éleveurs” déjà de moins en moins nombreux, estime Arnaud Rousseau, assurant que cette mesure était “vécu(e) comme une vraie blessure”.

Il reproche aussi au ministre de l’Économie Bruno Le Maire un “tweet ravageur”, le 17 mai, à l’occasion d’une visite d’usine de l’entreprise Happyvore, qui commercialise des substituts à la viande. Le ministre avait écrit: “Le saviez-vous ? 100g de protéines végétales génèrent de 60 à 90 % de gaz à effet de serre en moins que 100g de protéines animales.”

Les éleveurs ont, selon le président de la FNSEA, “un sentiment d’abandon (…) de stigmatisation” sur l’autel de la décarbonation.

L’élevage bovin pèse pour 11,8% des émissions de la France. Les vaches, en digérant, produisent naturellement du méthane, un gaz au pouvoir très réchauffant.

Le syndicat majoritaire FNSEA défend un “élevage corrélé au marché, aux besoins de consommation et à ce stade on a peu ou pas de baisse”. Dans le même temps, la production nationale de viande rouge a déjà baissé du fait d’arrêts d’activité (-10% de vaches à lait et à viande en six ans), et les importations progressent.

Pour Arnaud Rousseau, l’élevage français peut réduire ses émissions via l’innovation – des additifs dans la ration des vaches promettent de réduire la production de méthane – et sans avoir besoin de pousser des éleveurs à arrêter. La “pyramide des âges” présage naturellement d’un moindre nombre d’éleveurs et donc de têtes de bétail.

Il rappelle par ailleurs que les prairies pâturées par les vaches captent du carbone. Or “personne ne conservera des prairies si on n’a pas de vaches à mettre dessus”, met-il en garde.

 

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